Ethiopie 2ème partie
  

Ethiopie 2ème partie

Addis Ababa, Ethiopie le 14/06/2015

 

Nous nous dirigeons sur Debre Birhan, par une belle piste où le paysage est magnifique. Des étendues de terres cultivées, des maisons de pierres, de bois, de terre séchée, des cavaliers galopants, des ânes chargés que parfois l'on ne voit même pas leur tête, des hommes s'en allant aux champs, l'araire sur les épaules suivant leurs bœufs.


Nous sommes à 2740 m, sur un plateau coloré de jaune et de marron, une merveille. Nous posons le camp à l'hôtel Eva et c'est le lendemain, que nous nous dirigeons à Ankober, par une piste caillouteuse. Un coup de cœur pour nous, un paysage de montagne, cultivé de partout où sont érigés des habitations en pierres, au toit de chaume, entourés d'une enceinte pierreuse. Des petits murets de galettes de bouse ornent ces bâtisses, galettes servant de combustible pour la cuisine. Nous sommes à 3500 m d'alt.


Nous visitons le marché, toute en couleur,

 

allons au sommet de la colline, là où se situait l'ancien palais de Menelik. 495 marches à 3500 m d'alt. J'ai les poumons en feu. Nous sommes impressionnés par la démesure grandiose du paysage, fascinant.


Nous continuons notre remontée sur le nord, par une longue descente vers la petite ville de Robit et allons sur le marché de Senbete.


Lieu de rencontre immémoriale de peuples très différents. Un marché des plus typiques que nous ayons fait. Il est composé d'un marché de céréales (orge, blé, tef, avoine), celui de bestiaux (dromadaires pour 1000 euros), des zébus où un lopin de terre est réservé pour essayer les bœufs au labour, un marché tout public où l'on trouve à acheter du beurre, des encens, des habits de coton tissés et brodés, des argiles, de la vannerie et à ce marché, se mêlent les Afars, venus des plaines désertiques du Danakil, troquer leur sel, charrié à dos de dromadaires. Un régal pour les yeux.


A Diesse, nous dormons dans un petit hôtel très agréable, propre, le Green Land Hôtel. Et c'est sur le lac de Hayq que nous passons la journée tranquille, paisible, où nous campons vers un café au bord de ce lac.


Maintenant, direction Lalibela.La route est belle, nous sommes sur les hauts plateaux Ethiopien.


A Dilb, nous trouvons sur le bord de route, 4 farenjis( blancs), à la recherche d'une voiture, un couple de roumain, un couple de sud africain et new zélandais. Tout le monde embarque dans l'arrière de la voiture, serrés comme des sardines, mais ce n'est pas grave, ils sont heureux d'avoir trouvés un véhicule. En plus, vu qu'il reste encore de la place !!!!!!Nous embarquons un jeune Ethiopien. La voiture est chargée au maximum et c'est après 2 heures d'une piste chaotique, que nous arrivons sur ce lieu magique à 2650m d'alt. Nos autos stoppeurs doivent encore se souvenir de ce trajet.
Sur le conseil de voyageurs, nous posons notre camp, sur le camping du restaurant « Ben Abeba ». Endroit original, perché sur une colline, avec une vue de 360° sur les plateaux Ethiopien.

On ne nous demande rien pour le camp, à condition de manger au resto le soir. Pas de problème, c'est un régal, on mange très bien pour pas cher. Le personnel est très agréable, gracieux, toujours prêt à te rendre le moins petit service.
Tous les soirs, nos autos stoppeurs nous rejoignent ainsi que d'autres connaissances françaises, dont Isabelle qui vit à Khartoum au Soudan et sa copine infirmière à Purpan à Toulouse. Nos jeunes motards nous retrouvent également et nous passons d'agréables soirées sur les terrasses de ce beau resto.


Lalibela, ville d'une grande richesse historique et culturelle. Lalibela ou Jérusalem, avec ses 12 églises creusées dans la roche volcanique, où seul les toits effleurent le niveau du sol.
Encore un roi fou « Lalibela » qui mit 24 années pour créer un des plus fascinants héritages architecturaux de la Chrétienté. Ces monuments exceptionnels justifient à eux seuls un voyage en Ethiopie !!!!


Ces églises sont regroupées en 2 groupes. Parfois il est nécessaire de cheminer à travers des galeries, dans une obscurité totale afin de rejoindre d'autres églises. Des prêtres attendent les touristes et certains nous donnent la bénédiction.


Et puis, dans les environs de Lalibela, d'autres églises s'élèvent dans les montagnes environnantes. Elles sont souvent isolées, leur accès est parfois difficile et nécessitent de longues heures de marches ou de cheminement à dos de mulet.
Nous avons visité l'église de Nakutolab,
Et l'église Genet Mariam.


Nous reprenons la piste, toujours vers le Nord en direction de la région du Tigré. En route nous allons voir une dernière église située à Bilbila, église de « Yemrehanna Kristos ». Une petite merveille, dissimulée au fond d'une grotte, datant du XII ème siècle. Et en s'enfonçant d'avantage au fond de cette grotte, nous sommes reçus par 5700 pèlerins reposant là, à même le sol. Charmant ! Il y en a même un, qui a relevé sa tête pour mieux nous voir....


C'est à Mekele que nous faisons une halte au Hill Top hôtel, belle ville, agréable à flaner.Nous nous dirigeons à Adigrat à 2500 m d'alt et JP va visiter le monastère de Dabra Damo. C'est le plus ancien monastère d'Ethiopie situé sur une paroi abrupte où l'ascension de la paroi de 15 m, n'est possible qu'à l'aide d'une sangle de cuir, traquée depuis le sommet. L'accès est interdit aux femmes !!!!

 

C'est donc dans la voiture que j'attends JP, entourée d'enfants qui ne cessent de me demander des choses, qui décollent les drapeaux des différents pays traversés, collés sur notre voiture, qui mettent leurs mains dans le tuyau d'échappement et dessinent et écrivent sur la voiture. J'espère que la visite ne sera pas trop longue, car je vais craquer.
Avec les jumelles, je vois JP grimper cette paroi, cela à l'air de bien se passer. Par contre la descente fut difficile et JP est revenu avec 2 doigts complètement brûlés par la corde. Les 2 premières phalanges sont presque décalottées avec de la chair en moins. Un vrai chemin de croix....
(Il aura fallu plus de 10 jours, avec des pansements spéciaux, pour que JP retrouve ses doigts. Heureusement qu'il cicatrise bien et qu'en Ethiopie, la température est clémente.)
A adigrat, nous campons au « Agoro lodge », superbe, endroit magnifique.
Ce soir, nous sommes invités chez Alexi( français) et son épouse Marta( éthiopienne) rencontré à Mekele. Nous y passons une soirée très agréable, en compagnie d'une famille belge, venue voir leur fils, qui est en stage à Adigrat. En extra, un bon fromage « bleu d'auvergne » et comme boisson, un « Margaux de 1999 ».


Avant de rejoindre Mekele, nous allons voir un beau canyon et le magnifique village de « Bahra Seita ». C'est à 3000 m d'alt, que nous ramassons un vieux monsieur, où il a fallu être 2 pour l'aider à monter dans la voiture. Et c'est à Barha Seita, ce magnifique village que nous le déposons.


Voilà, notre décision est prise, nous partons 2 jours dans le désert du Danakil, avec notre voiture, en organisation. Nous sommes 3 véhicules au départ de Mekele et nous en retrouvons 4 autres en route. De nombreux touristes nous accompagnent (des coréens, des Américains, des allemands, des Israéliens, une femme du Tadjikistan et un couple de français, dont Camille qui est journaliste et qui remet à jour le guide du petit futé de l'Ethiopie).


On sait que ces 2 jours vont être difficile, surtout par la chaleur torride qu'il y fait. C'est l'endroit le plus chaud du globe, avec des températures pouvant avoisiner les 50°. Mais nous sommes prêts à affronter cet enfer qui est d'une grande beauté. Nous partons avec l'agence « Ethio travel tours » de Mekele.
Le Danakil est une des régions les plus inhospitalière du monde, mais néanmoins spectaculaire par ses couleurs. Nous sommes au centre de la terre à -16O mètres du niveau de la mer.
Nous nous trouvons dans un désert de sel.

 

Après un bon repas dans la petite ville de Berhale, nous partons tous au lac Assal pour le coucher du soleil.


Nous abandonnons les voitures et partons à pieds, sur un sol de sel où de nombreuses petites piscines merveilleuses sont parsemées de ci de là.


Et enfin, ce lac, blanc comme de la glace, un paysage surréel. Il fait 48° !


Tout le monde s'amuse à réaliser des photos rigolotes. On espère qu'à la tombée de la nuit la température baisse, mais non, il fait toujours aussi chaud. C'est au camp «Hamedela », que nous mangeons et dormons dehors, sur des lits de camps en corde.


Il y a du vent, il est chaud, pourvu que celui-ci ne tombe pas dans la nuit ! On a beau se préparer à souffrir de la chaleur....Vivement demain matin, que je remonte dans la voiture et que JP mette la clim. Ce fut une nuit torride, difficile et courte, car à 5 heures du mat, l'organisateur nous réveille pour déjeuner et partir de nouveau dans le désert, à la rencontre des caravanes de sel et du peuple Afars.


Nous sommes escortés par des militaires, car c'est une zone dangereuse, il y a eu pas mal d'enlèvement dans cette région.
Nous voyons des centaines de dromadaires se diriger vers le lieu où les Afars cassent la terre de sel, la transforment en rectangle et la chargent sur les dromadaires. Un travail de forçat.


Nous conduisons au travers du Dallol

 

et partons à pieds visiter les différents paysages formés par l'activité volcanique. Une merveille. Sous nos pieds ça chauffe, la terre boue et les couleurs sont spectaculaires.


La chaleur est insupportable, mais c'est si beau, que l'on oublie cette température désagréable. Toute la matinée, nous circulons sur des sites surréalistes, on a l'impression d'être sur une autre planète.


Lorsque nous revenons sur Mekele(2000m d'alt), c'est un vrai bonheur, on revit. Nous prenons une chambre au Hill Top hôtel, nous sommes couverts de sel et complètement crevé. Nous avons bu des litres d'eau !!!! Nous passons la soirée avec Camille et Sébastien. Nous avons dans nos poches plein d'info sur la Jordanie et Israël, grâce à nos compagnons de voyage du centre de la terre.
Après Axoum, où nous visitons les stèles de pierre sculptées, dont la plus grande mesure 33 m, couchée et brisée en plusieurs morceaux,

 

nous nous dirigeons sur Debark par cette route à couper le souffle, qui est un enchainement de dénivellations impressionnantes. De 2130m, on descend par des virages en S, en W jusqu'à 800m, on remonte, on redescend, pour finir par une montée vertigineuse vers Debark à 3000m d'altitude, avec des vues magistrales sur le Siemen.


En route, nous trouvons un bivouac, sur un petit plateau, une petite merveille. Point GPS :
Mais même ici, on a de la visite, c'est incroyable.


C'est à 30 kms avant Debark, vers Konsoye que nous allons marcher dans la montagne, à la rencontre des babouins Gélada. Après 2 heures de marche nous avons cru ne pas les voir, mais si, ils arrivent, ils ne sont pas craintifs, ils sont magnifiques.


Les males sont pourvus d'une imposante crinière et ont sur la poitrine, une tache rose en forme de cœur, qui leur a valu le nom poétique de « babouin au cœur qui saigne ».


Nous gardons nos distances, car ils ont des dents impressionnantes, que nous nous n'en remettrons jamais d'être mordus par eux !!!


A Gondar, nous visitons ce magnifique palais, celui du souverain Fasilidas.


Et les bains de Fasilidas, vaste bassin cerné de murs où chaque année pour la fête de Timkat, le bassin est rempli d'eau et où le peuple se baigne en commémoration du baptême du Christ.

 

Nous approchons du Soudan, et allons faire une halte au bord du lac Tana chez Tim et Kim. Il ne reste plus que Kim, car ils se sont séparés. Endroit super beau, calme, reposant (pas pour JP, car arrivés ici, nous nous apercevons que la lame maîtresse avant droite est cassée). Heureusement, nous avions gardé les lames non cassés que l'on a changées en Namibie, côté gauche.
C'est 2 jours que nous restons là, dans un site beau, propre, le grand luxe depuis que nous sommes en Ethiopie.


Nous avons aimé ce pays, son climat très agréable (sauf au Danakil), sa culture atypique où nous avons trouvé une mosaïque culturelle. Une terre de mythes et de légendes. Des ethnies locales fascinantes qui restent hermétiques à l'influence extérieure. Et sa population d'une grande gentillesse, un peu demandeur, ponctuelle. Un pays passionnant, somptueux, démesuré.
A revenir......
Et son café, tout une culture, délicieux !!
Nous avons fait 4810 kms dans ce beau pays.

Juste une facture pour vous prouvez que nous sommes bien en 2007!!!!

 

 

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