SOUDAN
  

SOUDAN

Al Khurtum, Soudan le 26/06/2015

 


Nous sommes le 27 mai 2015, nous rentrons au Soudan par Metama.
Rien à payer, juste un péage de 25 PSD pour nous rendre jusqu'à Khartoum. Les formalités sont très rapides.
Quel changement ! Les montagnes ont disparues, la terre, les arbres sont brûlées par la chaleur, le soleil. Plus d'animaux sur les routes. Les tracteurs remplacent les bœufs. Les hommes sont tous vêtus de leur djellabas blanches, heureusement les femmes sont plus colorées ce qui rend le paysage plus attrayant.


A l'entrée des villes, les arbustes sont de nouveau décorés de sacs de plastique.


Il y a beaucoup de control sur la route, mais ils sont cools avec nous.
Notre 1er bivouac dans le bush est d'un grand calme. Pas un adulte, pas un enfant qui nous demandent « you, you, money ».


Nous faisons assez vite pour nous rendre sur Khartoum, car nous devons nous enregistrer à l'immigration et nous n'avons que 3 jours pour le faire. Nous nous dirigeons au Alien registration : N 15°36,568-E 32°33,897. Mais nous arrivons trop tard, le bureau est fermé et demain, nous sommes vendredi, jour de repos. Nous allons donc à l'aéroport, car il est possible de s'enregistrer ici. Comme c'est bizarre, l'aéroport se trouve en plein centre de la capitale !! Mais voilà, pour rentrer dans l'aéroport, il nous faut un billet d'avion. On explique notre problème, on nous fait attendre, d'autres personnes arrivent, on explique de nouveau notre problème et là ils acceptent à condition que je reste à l'extérieur. Seul JP peut rentrer. Au bout d'une heure, JP revient avec les passeports tamponnés, nous sommes en règle. Nous avons payé 50$ chacun.
Il fait très chaud, vraiment très chaud. Nous sommes à l'entrée de l'été, et ce n'est pas la bonne période pour traverser ce pays...
Nous passons la nuit au Youth City camping national de Khartoum !!!!!!!Pas vraiment un camping. Les douches, les toilettes, nous y allons les yeux fermés. La mosquée est à 50 mètres dans le camping. Mais le plus dur, c'est cette chaleur ! On a l'impression d'être dans le Danakil.
Hier, Nathalie que nous avons rencontrée en Ethiopie, nous a proposée de dormir chez elle, mais nous avons refusé, nous ne voulions pas la déranger. Ce soir, nous faisons un barbecue chez Nathalie, avec ses collègues de la croix rouge Suisse, nous pensons accepter l'invitation pour dormir, sinon je vais mourir.
Pour trouver du diesel c'est compliqué, les cuves sont vides et lorsque nous en trouvons, il y a une queue infernale. Le litre est à 3,11 SDG=0,27 euros.
La ville de Khartoum est assez moderne, de belles avenues, de beaux immeubles en constructions. Une nouvelle Dubaï sur le Nil ?


Malgré la chaleur infernale, 47°, nous prenons le temps de visiter cette capitale, nous découvrons Assaha village, petit palais oriental, excellent restaurant où nous invitons Nathalie pour la remercier de nous avoir hébergés.


C'est vers les 17 heures, que nous nous rendons au cimetière assister aux danses Soufies, au sud d'Omdurman (quartier de khartoum). Nous traversons le cimetière en voiture jusqu'à son centre où une place nous attend, vers la tombe de Sheikh soufi du XIXe siècle. Des tambours et des chants se font entendre, des hommes habillés de verts arrivent, dansent sur cette place. Ils tournent sur eux même, se balancent d'avant en arrière en répétant la Chahada(profession de foi musulmane).


Un spectacle étrange et beau à la fois. Nous ne sommes pas restés jusqu'à la fin où les danseurs soufistes rentrent en transe, en communion avec Allah.
C'est chez Nathalie que nous passons la soirée avec des camarades de travail et restons 2 nuits chez elle, au frais. Mille fois merci Nathalie.
Nous reprenons la route du nord, après avoir vu le Nil blanc rejoindre le Nil bleu pour enfin devenir, ce fleuve le plus long du monde, le Nil.


C'est à Naqa que nous nous dirigeons, sur ce site Koushites où se trouve le témoignage architectural de la culture méroitique Le vaste temple d'Amon(le chef des Dieux Koushites) émerge des sables, d'où des statues de béliers, symbolisant Amon nous accueillent.


Un peu plus loin le temple d'Apademak, le temple du Dieu lion. Ha ! Admirer ces temples dans un décor de savane aride est fantastique et magique.


Et le plus beau, c'est ce puits, datant de très vieux, toujours exploité par les nomades actuels.
C'est un va et vient perpétuel de dromadaires et d'ânes qui remontent l'eau à l'aide d'une outre. Vue la distance parcourue par ces animaux, le puits doit être profond.


C'est le lendemain que nous allons voir ce site mystérieux « Musawwarat es sufra », datant également de la même époque. Un peu fracassé, en ruine total. Par contre le temple du lion, d'Apademak est bien conservé.


Mais le plus beau pour nous est Méroé. Ces pyramides du cimetière royal, à l'intérieur des terres, des dunes est une merveille !!
Beaucoup sont en mauvais état, mais d'autres sont intactes malgré les années passées et malgré les assauts de pilleurs de tombes.


Nous sommes le 1er juin, c'est mon anniversaire et c'est en compagnie de 3 jeunes voyageurs (Roco(Suisse), et un couple, lui , Alex Espagnol, elle ,Camélia Austalienne chinoise), que nous passons la soirée dans les dunes face aux pyramides.


C'est au matin que tout le monde reprend sa route, bye, bye, les jeunes, bonne route...


Atbara, on va s'en souvenir ! Après avoir traversé le pont, nous nous faisons contrôler par la police. On nous demande notre permis de voyager. Heu ! On ne l'a pas ! Après discussion, coup de fil au supérieur, on nous explique que l'on ne peut pas continuer de traverser le pays, il faut retourner à Khartoum et faire un permis de circuler. Quelle poisse ! 340 kms pour retourner à la capitale. A Khartoum, nous prenons un hôtel, récupérons notre permis le lendemain matin au Ministère du tourisme : N.15°34,833- E.32°33,994 et reprenons de suite la route du Nord. Heureusement la route est belle et il fait toujours aussi chaud...


Nous allons jusqu'à Karima en traversant le premier désert, désert de Bayada,plat, aride, monotone et bouillant, par une belle route envahie parfois par les dunes. Tout est chaud dans la voiture, le plancher brûle nos pieds, les portières, les vitres, le par brise sont brûlants. C'est vers les 17h, que nous allons nous enregistrer à la sécurité de Karima et prenons un hôtel « Nassr » climé et ventilé. (Pour info, il est nécessaire de trouver un hôtel en premier, après il faut aller voir la sécurité pour leur donner le nom de l'hôtel et ramener le papier à l'hôtel, comme quoi nous sommes bien enregistrés).
Nous avons passé une nuit réparatrice en compagnie de gros cafards !!!


Ici, toute la région est recouverte par le désert, seul le Nil joue un véritable rôle d'oasis.
Nous allons au djebel Barkal(montagne sacrée), éperon rocheux semblant surveiller la rive du Nil. Il y a 3500 ans, les Egyptiens, les Khoushites pensaient que cette montagne était la demeure d'Amon.
Aujourd'hui, en dehors de la montagne, il reste peu de choses de ce lointain passé, juste des ruines et des fondations de palais et de temples qu'une fois arrivé à la cime de la montagne, les temples de Mout et d'Amon nous révèlent leur plan d'ensemble.

Et au loin apparaissent ces pyramides méroïtiques !!!!!
Allez fini les visites de temples, nous allons sur les rives du Nil découvrir ces belles petites villes où à chaque détour de ruelles, des jars remplies d'eau sont là pour les passants, les voyageurs. Sur toute notre remontée et même sur Khartoum, ces jars sont présentes.


Nous tombons par hasard sur un lieu où ils fabriquent ces jars et les font cuire sous un tas de tôle recouvert de bois. Ces potiers nous expliquent leur métier, le modelage, la cuisson tout ça en arabe et nous on leur pose les questions en anglais.... Et bien vous n'allez pas nous croire mais on a tout compris ! Et pour finir ce bel échange, nous buvons le thé ensemble, du thé au poivre. Très bon, mais un peu épicé.


Par hasard également, des hommes assis dehors, nous font signes et nous demande de les suivre. Il y a quelque chose à voire ? Oui, les tombes royales Napatéennes.


Quelle surprise, tout est resté intact. Nous descendons par un escalier qui s'enfonce dans les sables jusqu'à la tombe du souverain.


A l'intérieur, sous un ciel étoilé, les couleurs, les personnages, les motifs restent éclatants en dépit de son âge. Une merveille.


C'est cette fois ci dans le désert, désert de pierres, que nous passons une nuit étouffante accompagnée de vent brûlant. Seule une serviette mouillée sur mon lit, me permettra de m'endormir.


Nous avons peu dormi, nous sommes fatigués par la chaleur, heureusement la clim de la voiture fonctionne, ce qui nous ressource un peu.
Nous traversons le 2ème désert, le désert de Nubie.

Nous filons au bord du Nil à Abri. Nous traversons de magnifiques jardins où la récolte de tomates à commencée. Des tomates, il y en a de partout et ces Soudanais sont si généreux, si accueillants, qu'ils nous donnent une caisse pleine de tomates.


Qu'allons-nous faire de tout ça ? Surement du coulis, naturellement ! C'est donc une distribution de tomates que nous faisons au bord de la route.
Depuis 2 jours, nous roulons peu, nous sommes presque arrivés à la frontière et nous avons rendez vous avec notre fixer le dimanche 07 juin. Alors on profite des berges du Nil, un peu ventilées, de l'ombre des palmiers dattier

et passons une nuit dans le désert, avec comme seul visiteur, une belle gazelle, très curieuse de nous trouver la et affolée à la fois.
Le vent s'est calmé, la nuit a été délicieuse et la température clémente.

Voilà, nous sommes à Wadi Halfa,

nous sommes le samedi 06 juin. Nous nous rendons dans la maison de Mazar, qui doit nous aider pour les formalités de sortie du Soudan. On loge chez lui : N.21°47,779-E.31°22,86O, pleins de lits avec petites tables, fauteuils sont dispersés dans son jardin, sous les palmiers, sous des terrasses abritées et ouvertes (des lokandas) .


Un petit coin fort agréable et là, nous pensons encore faire une bonne nuit...


Mazar arrive, nous lui donnons tous nos papiers et c'est le lendemain à 10 heures que nous le retrouvons à la frontière. Il va falloir être patient sous un petit 43° .A 12h, c'est terminé, Mazar nous paye un thé, aucune difficulté, pas de fouille du véhicule. Même à la frontière, tous les services d'ordres sont gentils. On vient nous saluer, on nous offre de l'eau, on nous fait signe et toujours ce Welcome.
Nous avons payé : 120 Trafic police, 110 custom, 250 Entrance car ???240 Immigration= 720 Pounds soit 70 euros. Plus un pourboire de 180 P et 10$ à Mazar pour la nuit et le service rendu.
Mazar est un petit rigolo, il ne cesse de nous faire des farces qui, au début ne nous font pas rire, de styles :- Où sont les passeports ?
- Vous les avez, on vous les a donnés hier soir !
- Ha non, vous êtes surs ? Je ne les ai pas. Et là, JP part au quart de tour, il commence à s'énerver et Mazar éclate de rire....Quelques minutes plus tard, Mazar revient et nous dit :
- Il y a un problème ! Et en voyant la tête de JP, il rigole.
Pour ceux qui ont besoin un jour des services de Mazar, voici son adresse mail : mazarhalfa@gmail.com

Si la température n'avait pas été si élevée, nous aurions certainement apprécié d'avantage ce pays. Il y a des pays qui nous font peur, lorsque l'on prépare un voyage, comme le Soudan. Parce que Soudan= vitrine humanitaire du Darfour, guerre, terroristes...
Et bien non. Quel peuple ! Chaleureux, accueillant, fier, curieux, hospitalier, quelle gentillesse !
Trois images resteront en nous :- Les pyramides de Méroé, la beauté de ce peuple Nubien, l'accueil chaleureux de Nathalie et de ses collègues de travail.
Nous avons fait 2869 kms.

                                                                       

 

 

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